Hidradénite suppurée · Expertise chirurgicale & médicale
Une pathologie chronique invalidante, souvent mal diagnostiquée pendant des années. Une prise en charge globale — chirurgie, antibiotiques adaptés et accompagnement des facteurs de risque — peut véritablement transformer votre quotidien.
À retenir
Une maladie encore mal connue, qui mêle douleur physique et retentissement psychologique — et qui répond pourtant à des traitements efficaces.
Ce que vous ressentez
La maladie de Verneuil (ou hidradénite suppurée) ne se résume pas à des abcès douloureux. C'est une maladie chronique inflammatoire qui ponctue chaque journée de douleurs, de tensions sous la peau, d'écoulements difficiles à gérer, et d'un mal-être tenace qui pousse à se replier sur soi.
Les poussées surviennent souvent de façon imprévisible, forçant à annuler des sorties, à éviter certaines tenues, à manquer le travail. La plupart des patients ont consulté de nombreux médecins avant d'obtenir un diagnostic correct — en moyenne sept ans se passent entre les premiers symptômes et la bonne prise en charge.
Si vous vous reconnaissez dans cette description, vous n'êtes pas seul, et il existe des solutions efficaces — y compris chirurgicales — qui se pratiquent au cabinet, sans hospitalisation, et permettent de reprendre une vie normale rapidement.
La maladie de Verneuil est une dermatose inflammatoire chronique touchant les zones de frottement riches en glandes sudoripares apocrines : aisselles, aines, fesses, région génitale, sous la poitrine.
Elle se manifeste par des nodules douloureux, des abcès récidivants, des trajets fistuleux et des cicatrices fibreuses. Ces lésions évoluent par poussées entrecoupées de phases de rémission totale ou partielle.
Ce n'est ni une infection banale, ni le résultat d'un manque d'hygiène. C'est une maladie immuno-inflammatoire avec des facteurs génétiques, hormonaux et environnementaux identifiés.
La maladie de Verneuil touche environ 1 % de la population, préférentiellement les femmes en âge de procréer, avec un pic d'apparition après la puberté.
Certains facteurs aggravent la maladie, avant tout le tabac, le surpoids, la prise de certains médicaments (notamment les anti-inflammatoires non stéroïdiens) et le diabète.
La prise en charge est d'autant plus efficace qu'elle est précoce et globale : traiter uniquement les abcès sans s'attaquer aux facteurs de risque conduit inévitablement aux rechutes.
Lorsqu'une antibiothérapie est nécessaire, je privilégie des prélèvements bactériologiques approfondis afin d'identifier les bactéries présentes et d'adapter le traitement.
Le tabac est le principal facteur aggravant de la maladie de Verneuil. Le sevrage fait partie intégrante du traitement : il réduit significativement et rapidement la fréquence et l'intensité des poussées.
Le surpoids amplifie les phénomènes de frottement et l'inflammation. Un accompagnement adapté, coordonné si besoin avec d'autres spécialistes, fait partie du protocole global de prise en charge.
Les biothérapies peuvent être utiles dans certaines formes de maladie de Verneuil, mais elles ne conviennent pas à tous les patients. Dans ma pratique, leur indication reste ciblée et dépend surtout du type de lésions et de l'activité de la maladie.
Expertise chirurgicale · Intérêt de la chirurgie avec une technique spécifique
Avec le temps, des trajets fistuleux et des abcès chroniques se constituent. Les bactéries peuvent s'y installer durablement et rester enclavées dans ces lésions, devenant difficiles à atteindre par les traitements. La chirurgie permet alors de retirer les zones définitivement atteintes : fistules, nodules inflammatoires et tissus cicatriciels, avec des marges adaptées à chaque situation.
L'intervention est réalisée au cabinet, en salle de chirurgie dédiée, sous anesthésie locale. La durée totale — installation, intervention, pansement — est de 60 à 90 minutes. Vous repartez chez vous le jour même.
Toutes les exérèses sont refermées par suture chirurgicale adaptée à la localisation (axillaire, inguinale, fessière…). Les patients évitent ainsi les semaines — voire les mois — de pansements quotidiens douloureux et de suintements permanents que la cicatrisation dirigée impose. Les fils sont retirés au cabinet à J7 et J15, sans frais supplémentaires.
Le déroulement concret
Limitation de l'utilisation du bras pendant 15 jours (taper à l'ordinateur reste possible sans difficulté). Port de l'attelle obligatoire la nuit pendant 15 jours, facultative en journée. Des douleurs variables peuvent être ressenties pendant 48 à 72 heures, bien contrôlées par des antalgiques usuels.
Dispense de sport pendant 15 jours minimum. Port d'un shorty de compression. Pansement quotidien pendant 15 jours. Des douleurs variables peuvent être ressenties pendant 48 à 72 heures, bien contrôlées par des antalgiques usuels.
Cas clinique
Photographies d'une exérèse pour maladie de Verneuil stade II, localisation axillaire, avec fermeture par suture : lésion initiale, tracé pré-opératoire et résultat final.
Cas n°1 · Stade II · Localisation axillaire
Évolution : le tracé pré-opératoire délimite précisément la zone à exciser. L'exérèse est suivie d'une fermeture immédiate par suture, évitant la cicatrisation dirigée. Le résultat esthétique et fonctionnel est visible sur la photo "après".
Résultat individuel, qui ne préjuge pas du résultat chez un autre patient.
La cicatrisation dirigée — sans fermeture chirurgicale — était longtemps la norme dans la chirurgie de la maladie de Verneuil. Elle impose des semaines, parfois des mois, de pansements quotidiens douloureux, de suintements permanents et d'arrêts de travail prolongés. En fermant systématiquement par suture, avec une technique adaptée à chaque localisation et à chaque étendue d'exérèse, les suites sont considérablement raccourcies. Les fils sont retirés à J7 et J15, et la cicatrisation est obtenue bien plus rapidement et confortablement.
L'anesthésie locale est efficace : une fois l'anesthésie réalisée, l'intervention elle-même est indolore. Le déroulement suit un protocole précis : installation du patient en position adaptée, désinfection, tracé de l'exérèse, anesthésie locale par infiltration, exérèse de la zone malade, fermeture par suture, pansement compressif et mise en place de l'attelle ou du shorty. Les suites comprennent une gêne modérée les 48 à 72 premières heures, gérée par des antalgiques courants.
La première consultation permet de confirmer le diagnostic, d'évaluer les facteurs aggravants, de construire une stratégie thérapeutique, voire d'envisager l'intérêt d'un traitement chirurgical. Dans les cas complexes, une deuxième consultation peut être nécessaire pour reprendre certains points dans le détail.
Oui, pour les stades I et certains stades II. Un traitement médical bien conduit — antibiothérapie adaptée à l'antibiogramme, sevrage tabagique, réduction pondérale — peut stabiliser la maladie et espacer significativement les poussées. Dans les formes récidivantes avec trajets fistuleux, la chirurgie reste le seul moyen de rompre durablement le cycle.
La récidive locale sur la zone opérée est rare lorsque l'exérèse a été complète et la fermeture bien réalisée. La maladie peut en revanche apparaître sur d'autres zones. C'est pourquoi la chirurgie s'accompagne toujours d'un traitement médical de fond — sevrage tabagique, contrôle pondéral, antibiothérapie adaptée — pour limiter l'extension à distance.
La consultation est remboursée sur la base du tarif conventionnel Sécurité sociale (secteur 2, avec dépassement d'honoraires). L'intervention chirurgicale fait l'objet d'une prise en charge selon la nomenclature en vigueur. Le retrait des fils à J7 et J15 est réalisé sans frais supplémentaires. Selon votre mutuelle, le dépassement peut être partiellement ou totalement couvert.
Consultation dermatologique · Maladie de Verneuil · Paris 18e